Niger. Comment l’Europe sous-traite sa lutte contre l’immigration illégale

Un groupe de migrants, le 22 janvier 2019, dans nord du Niger. PHOTO SOULEMAINE AG ANARA / AFP

Pour combattre l’immigration illégale, l’Union européenne verse une aide financière importante au Niger, pays de transit. Le flux a drastiquement diminué, mais sur place, cette politique a des effets pervers dangereux…

1 milliard d’euros d’argent européen

Le pays est généreusement payé pour ses efforts par une Europe qui cherche à réduire les flux de migrants. [En août, l’Union européenne (UE) a versé une aide de 21 millions d’euros au Niger pour soutenir sa lutte contre l’émigration clandestine vers l’Europe et pour sa “sécurité intérieure”.] L’UE avait également annoncé fin 2017 qu’elle verserait au pays 1 milliard d’euros au titre de l’aide au développement jusqu’en 2020 inclus. De leur côté, l’Allemagne, la France et l’Italie fournissent également de l’aide.

Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie bien plus générale de l’UE, qui comprend le versement de milliards d’euros à la Turquie [pour limiter l’arrivée de migrants]. De son côté, l’Italie a été accusée de payer des milices en Libye pour contenir les migrants. Et ici, au Niger, certains chefs militaires reprochent amèrement à la France de financer un ancien dirigeant rebelle [pour lutter contre les migrants] alors qu’il reste une menace, faisant passer la lutte contre l’immigration clandestine avant les intérêts du Niger en matière de sécurité.

Depuis que le Niger a adopté une loi contre le trafic d’êtres humains, en 2015, ce pays a formé ses soldats pour qu’ils arrêtent et emprisonnent les passeurs, confisquent leurs véhicules, et remettent les migrants à la police ou à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les migrants ont alors le choix entre poursuivre leur voyage — au risque d’être arrêtés une nouvelle fois, voire pire — et être rapatriés[…]

Joe Penney

 

Attaques xénophobes en Afrique du Sud…

Lindiwe SisuluCopyright de l’imageAFP
Image captionLindiwe Sisulu déclare que les attaques contre les magasins des étrangers ne devraient pas être tolérées.

Les autorités sud-africaines ont décidé de réagir face aux attaques xénophobes dans le pays.

Le ministre sud-africain des Affaires étrangères a convoqué d’urgence une réunion avec les ambassadeurs à la suite des attaques contre les étrangers à Durban.

Des attaques également condamnées par le président sud-africain Cyril Ramaphosa qui a appelé les agences de sécurité à arrêter les auteurs de ces violences.

« Aujourd’hui, notre économie et notre société bénéficient de nos relations commerciales et d’investissement étendues avec nos partenaires sur notre continent et un nombre importants d’africains vivent en Afrique du Sud où ils apportent une contribution importante au développement de notre pays ».

« Le développement de l’Afrique dépend de la circulation accrue des personnes, des biens et des services entre les différents pays pour que nous puissions tous en bénéficier. Nous ne permettrons pas aux criminels de faire reculer ce processus » a martelé Cyril Ramaphosa.

Il y a une semaine, trois personnes sont mortes dans des manifestations ciblant des magasins, dont beaucoup appartiennent à des étrangers.

Une cinquantaine de personnes se sont réfugiées dans un poste de police lorsqu’un groupe de chômeurs sud-africains les a forcées à quitter leur domicile pendant la nuit.

Les étrangers sont pris pour cible par des personnes qui les accusent d’avoir pris des emplois à la population locale.

Nantes : la justice demande l’expulsion de 250 migrants d’un gymnase

LOIC VENANCE / AFP
Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d’asile avaient été délogés d’un square de Nantes. © LOIC VENANCE / AFP

Depuis le 26 octobre, environ 250 migrants se sont progressivement agrégés à l’intérieur d’un gymnase de Saint-Herblain, près de Nantes. « La situation n’était pas tenable », affirme l’avocat du collectif de soutien à ces migrants.

Le tribunal d’instance de Nantes a validé la demande d’expulsion de quelque 250 migrants vivant dans un gymnase insalubre de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique, dans un délai de deux mois. « Ce n’est vraiment pas une surprise. Le constat général était que la situation n’était pas tenable. La crainte c’était qu’il n’y ait pas de marge de manœuvre et que tout le monde se retrouve sur le trottoir », a déclaré Me Stéphane Vallée, avocat du collectif de soutien aux migrants. Ces deux mois de délai vont « permettre de s’organiser », a-t-il ajouté.

Recherche de solutions « dignes ». Une audience s’était tenue le 7 mars à la suite suite d’une demande d’expulsion déposée en référé par le diocèse de Nantes, propriétaire de ce gymnase attenant à un lycée catholique fermé depuis six ans. « La décision d’arrêter ce qui se vit là-bas est fondamental mais arrêter pour les mettre à la rue n’a pas de sens, on le dit depuis le début », a déclaré Xavier Brunier, responsable de la solidarité au diocèse. Un travail est en cours avec la préfecture de Loire-Atlantique et les acteurs institutionnels afin de « trouver des solutions qui soient dignes », selon l’évêché.

« 300 repas du soir ». À l’intérieur du gymnase, décati et sans eau chaude pour se laver, se sont progressivement agrégés depuis le 26 octobre environ 250 migrants – réfugiés, demandeurs d’asile ou dublinés – vivant sous des tentes ou des matelas à même le sol, dans des conditions précaires propices à la violence. « La seule solution qu’on a, c’est de squatter », avait regretté Christophe Jouin, co-président de L’autre cantine, une association locale d’aide aux migrants. « On fait 300 repas du soir pour le gymnase, tous les jours, sept sur sept, et on fournit 120 tenues toutes les semaines, sur le modèle solidaire, sans aucune subvention », avait-il indiqué, dénonçant « la carence de l’État ».

Merkel reste dans le viseur de l’axe Rome-Vienne

Merkel reste dans le viseur de l'axe Rome-Vienne
Angela Merkela rappelé «sa position»: la gestion des crises migratoires ne peut être qu’«européenne». HANNIBAL HANSCHKE/REUTERS

Les partis conservateurs et populistes espèrent que la chancelière allemande perdra davantage d’influence en Europe après les élections européennes. Mais elle a su répondre à l’axe qui la défie.

De notre correspondant à Berlin

L’alliance de circonstance Munich-Vienne-Rome ne fait plus parler d’elle. En juin dernier, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, le ministre allemand de l’Intérieur et leader de la CSU, Horst Seehofer, et le ministre de l’Intérieur italien d’extrême droite, Matteo Salvini, annonçaient pourtant leur désir de former un «axe des volontés» en Europe. Contre leur adversaire commun, la chancelière Angela Merkel, les trois hommes entendaient faire changer la politique d’asile de l’Union européenne. L’Autrichien donnait des gages au FPÖ, son partenaire de coalition d’extrême droite. Le Bavarois espérait inverser le cours de la campagne des élections régionales dans son Land. L’Italien, récemment élu, entendait imprimer sa marque.

Depuis, la formule a fait long feu et les mauvaises volontés nationales ont fait office de politique. En fermant ses ports aux migrants, l’Italie a imposé à l’Europe la politique du fait accompli.

Mayotte : nouvelle route migratoire pour rejoindre l’Europe ?

Des migrants comoriens réfugiés dans le centre-ville de Mamoudzou à Mayotte. Crédit : France 24

Par  Bahar Makooi Dernière modification : 01/02/2019

De plus en plus de migrants originaires de l’Afrique des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Ouest passent par Mayotte pour rejoindre la France métropolitaine. Une stratégie visant à éviter la traversée de la Libye et les risques de noyade en Méditerranée.

Le nombre de migrants en provenance de l’Afrique des Grands Lacs (RDC, Burundi, Rwanda) a doublé à Mayotte depuis trois ans. Sur 839 demandes d’asile déposées en 2018, 511 concernaient des personnes originaires des Grands Lacs d’après la préfecture. « Même si la part des migrants originaires d’Afrique continentale représente moins de 2% du total à Mayotte, la hausse est continue depuis 2015 », indique la préfecture.

Situé à quelques kilomètres des côtes tanzaniennes, ce département français de l’archipel des Comores est perçu comme une porte d’entrée vers l’Europe pour ceux qui cherchent à éviter de passer par la Libye et de traverser la Méditerranée. « Les pourtours de l’Union européenne, par la Libye et la Turquie se ferment. Conséquence : une troisième voie d’accès se crée par Mayotte à travers des réseaux constitués », constate Romain Reille de l’association Solidarité Mayotte.

« Lorsqu’ils arrivent ici, certains [migrants issus de la région des Grands Lacs] ne savent même pas qu’ils sont à Mayotte. Ils pensent être arrivés en France métropolitaine. Les passeurs leur avaient promis la France, ils ne s’attendaient pas à ça », raconte la Cimade, qui a recueilli d’autres témoignages sur place.

Des migrants de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Cameroun

De fait, Mayotte constitue une porte d’entrée vers la France métropolitaine puisque l’île est un territoire français. Les migrants d’Afrique continentale viennent y déposer leur demande d’asile. Une grande partie d’entre eux, les deux tiers environ, obtiennent une protection, selon la préfecture. « À plus de 95%, dès qu’ils ont obtenu l’asile, les réfugiés quittent Mayotte pour rejoindre la France continentale », constate encore Solidarité Mayotte.

Aux migrants originaires de l’Afrique des Grands lacs, se sont joints récemment des Ivoiriens, des Burkinabès et des Camerounais. Ils traversent le continent africain dans la diagonale pour rejoindre Mayotte et éviter la route libyenne.

Compte rendu du mini festival droits de l’Homme

Compte rendu du mini festival droits de l’Homme

Dans le cadre de la 70e journée Internationale des Droits de l’Homme (JIDH), il a été organisé par la Commission Nationale des Droit de l’Homme et des Libertés (CNDHL) en partenariat avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale (CNUDHD-AC), l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), et la Commission des Droits de l’Homme du Barreau, une série d’activités de sensibilisation, de consultation, de plaidoyer, de dialogue, de promotion et de protection des droits de l’homme, avec un accent particulier sur les droits des Migrants , conformément à l’article 2 de la loi n° 2004/16 du 22 juillet 2004. Un mini festival s’est tenu à cet effet à l’amphithéâtre 700 du campus de l’Université de Yaoundé I le vendredi 07 décembre 2018 de 09 heures à 18 heures. L’association Solutions aux Migrations Clandestines (SMIC) y a pris part pour la première fois.

Ce mini festival a rassemblé plusieurs associations oeuvrant dans le domaine des droits de l’Homme dans le but de sensibiliser la population estudiantine et autres. SMIC sest donc mobilisée à travers ses membres et stagiaires, dans le but d’atteindre un certain nombre d’objectifs quelle sest fixée :

  • Sensibiliser les étudiants sur les risques de la migration irrégulière en mettant l’emphase sur la protection des droits du migrants;

  • faire connaître SMIC et parler de l’actuelle campagne nationale de sensibilisation sur les dangers de la migration irrégulière auprès des visiteurs à travers ses multiples outils et supports de communication ainsi que des entretiens à son stand.

L’activité a été un grand moment d’échanges et de partage avec les autres organisations présentes sur le site ; le stand a également eu de nombreux visiteurs. Cependant, tous ne se sont pas fait enregistré. On peut oser dire que le stand de SMIC a été l’un des plus visités vu son implantation stratégique situé au centre du lieu de l’évènement, ce qui a été un franc succès.

Jean Asselborn à la Conférence intergouvernementale sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, à Marrakech

Sur invitation du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l’Immigration et de l’Asile, Jean Asselborn, s’est rendu à Marrakech afin de participer à la Conférence intergouvernementale sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, les 10-11 décembre 2018.

La conférence de Marrakech a permis d’adopter formellement le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui recense des principes et des droits déjà existants, et formule 23 objectifs pour aider les pays à faire face aux migrations, en facilitant l’information, l’intégration des migrants, l’échange d’expertises et la coopération internationale.

« Le Luxembourg se félicite de l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » a déclaré Jean Asselborn, en rappelant que le Luxembourg a soutenu dès le départ la négociation du Pacte, en contribuant de manière active aux travaux à New York.

Déplorant un contexte politique où les thématiques liées à la migration sont exploitées par les agendas populistes, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a rappelé que le but du Pacte mondial est d’améliorer la coopération en matière de migration internationale et d’aider à faire en sorte que la migration soit bénéfique pour tous, pour les migrants comme pour les sociétés d’accueil.

Jean Asselborn a regretté « les retraits et désaffections de certains pays, notamment européens, qui ont empêché que l’Union européenne fasse entendre sa voix comme il sied dans un dossier qui la concerne tant » par le biais d’ « interprétations erronées, partielles ou malveillantes ». Il a expliqué que « l’UE n’a pas le droit de vendre son âme et ses valeurs fondamentales en ce qui concerne les droits de l’homme. Encore moins en ce jour où nous célébrons le 70ème anniversaire de la déclaration Universelle des droits de l’Homme ». « Mais l’Union Européenne est un projet de paix qui en a vu d’autres et saura se surpasser pour redevenir une référence en matière de droits de l’Homme » a-t-il ajouté.

En marge de la conférence, le ministre Asselborn a saisi l’occasion offerte par la présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que de hauts responsables des organisations internationales, pour multiplier les échanges de vues sur les questions de l’actualité internationale.

Communiqué par le ministère des Affaires étrangères et européennes

Le pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech

Par LIBERATION, avec AFP — 10 décembre 2018 à 11:18
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à son arrivée à la conférence des Nations unies consacrée au pacte sur les migrations, le 10 décembre 2018 à Marrakech (Maroc)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à son arrivée à la conférence des Nations unies consacrée au pacte sur les migrations, le 10 décembre 2018 à Marrakech (Maroc) Photo FETHI BELAID. AFP

Le texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières a été formellement approuvé ce lundi au Maroc.

Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech, après proclamation orale et avec le traditionnel coup de marteau, devant quelques 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

Soulignant les «efforts» consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne «pas succomber à la peur ou aux faux narratifs» sur la migration. S’exprimant à l’ouverture des débats, il a dénoncé les «nombreux mensonges» à propos d’un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières. En France notamment, les contempteurs du texte ont tenté de greffer le sujer au mécontentement des gilets jaunes.

Ce texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une «migration sûre, ordonnée et régulière», doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies. La conférence de Marrakech devait être une étape purement formelle dans ce processus mais, le sujet déchaînant les passions, une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision sur le pacte.

Près de 160 des 193 pays représentés à l’ONU étaient annoncés à Marrakech, avec une centaine d’entre eux représentés au niveau des chefs d’Etat, chefs de gouvernements ou ministres. Lundi matin, il était encore impossible de connaître dans les détails les présents et les absents, en l’absence de toute liste officielle.

Non contraignant, le Pacte recense des principes -défense des droits de l’Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale- et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations –échanges d’information et d’expertises, intégration des migrants… Il interdit les détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l’Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l’accès des migrants à l’aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.