Expulsions de migrants à Calais: les associations connaîtront l’issue du référé-rétractation fin décembre

Il y a quelques jours, des associations d’aide aux migrants et des exilés ont saisi le tribunal de Boulogne-sur-Mer suite à quatre expulsions de migrants, ces derniers mois à Calais. Ils souhaitent l’arrêt des démantèlements et des installations de grilles route de Gravelines.Ce mercredi matin, une audience s’est déroulée au tribunal de Boulogne-sur-Mer. PHOTO JOHAN BEN AZZOUZ

Depuis des mois, des camps de migrants sont démantelés zone industrielle des Dunes à Calais. Certaines expulsions sont effectuées dans le cadre d’ordonnances sur requête, suite à des dépôts de plainte de la part de propriétaires (certains privés et l’agglomération Grand Calais Terres et mers). Suite à ces démantèlements, l’Auberge des migrants, Human Rights Observers et GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés) et sept migrants ont signé…

FASHION MEETS AFRICAN PRINTS…

« La mode, vecteur de croissance économique inclusive et de lutte contre les migrations irrégulières féminines » 

Depuis le 03 décembre 2019, l’ONG Solutions aux Migrations Clandestines soutient la « FASHION MEETS AFRICAN PRINTS » qui organise les (FAMAP MASTER CLASS), consacré à la mode afin d’initier les participants aux différents métiers de la mode, de présenter toutes les opportunités que regorge ce secteur, de susciter les vocations et mettre en place une plate-forme.

Calais : polémique autour de l’enterrement de l’exilé mort dans sa tente

Depuis sa mort, un portrait de l’homme de 25 ans a été installé dans une tente plantée le long de la route de Gravelines. PHOTO JOHAN BEN AZZOUZ

Vendredi après-midi, l’homme d’origine nigériane mort sous sa tente a été enterré au cimetière de Calais. Seulement, « ses amis, ses proches et des soutiens », selon Utopia 56, association qui vient en aide aux migrants, n’ont pas assisté aux obsèques. À leur arrivée, il avait déjà été inhumé. La faute à une heure de rendez-vous erronée.

L’information a été largement relayée sur les réseaux sociaux par l’association Utopia 56. Selon elle, «  G  », cet homme, d’origine nigériane, décédé d’une intoxication dans sa tente plantée rue des Huttes suite à un dégagement de fumée, a été inhumé «  sans ses proches, sans cérémonie, sans que personne ne puisse faire le deuil  »…

[Tribune] L’immigré, cet éternel bouc-émissaire de l’arène politique française

 

Des migrants marchent le long d'un grillage qu'ils viennent de franchir dans l'espoir d'emprunter le tunnel sous la Manche entre la France et le Royaume-Uni.
Des migrants marchent le long d’un grillage qu’ils viennent de franchir dans l’espoir d’emprunter le tunnel sous la Manche entre la France et le Royaume-Uni. © Emilio Morenatti/AP/SIPA

Il fallait bien que cela arrive. Avec l’annonce par le gouvernement français de vingt mesures restrictives touchant les migrants et les demandeurs d’asile – qui remettent à l’ordre du jour l’idée de quotas d’immigration professionnelle et le durcissement des conditions d’accès aux soins médicaux pour les personnes sans titre de séjour –, voilà que l’immigration revient sur le devant de la scène.

L’immigré est replacé au cœur de l’arène politique, au grand bonheur de certains médias amplificateurs et au grand dam des personnes issues de l’immigration et des demandeurs d’asile. Ils se retrouvent ainsi au cœur d’un tourbillon médiatico-politique alimentant ce malaise indicible qu’éprouve celui qui se sent regardé, scruté, parfois suspecté de profiter indûment de droits.

Revenu de l’enfer libyen, un Guinéen réalise un film sur les dangers de l’immigration clandestine

Un Guinéen de 27 ans a réalisé un film appelé « L’immigrant », inspiré de sa propre expérience. Après avoir quitté son pays en 2017, traversé le Mali et l’Algérie, il avait passé plusieurs mois emprisonné en Libye, avant d’être finalement rapatrié en Guinée en 2018. À travers ce film, il souhaite désormais sensibiliser les plus jeunes aux dangers de l’immigration clandestine.

Ce film d’une quarantaine de minutes a été réalisé par Mamadou Baillo Bah. Pour l’instant, seule la bande-annonce est en ligne, mais la rédaction des Observateurs de France 24 a pu visionner le film dans son intégralité.

Le film commence avec une scène montrant le personnage principal rejoindre d’autres jeunes dans une zone aride. « Mohamed, toi aussi, tu voyages ? Je suis ravi d’être dans le même convoi que toi ! », lance-t-il à l’un deux. Des passeurs armés les forcent ensuite à s’asseoir par terre, puis les dépouillent, avant de les faire monter à l’arrière d’un pick-up. L’un des jeunes est froidement abattu, devant tout le monde.

On retrouve ensuite le personnage principal dans son village trois mois plus tôt, lorsque l’idée d’aller en Europe commence à germer dans son esprit. Plusieurs facteurs le poussent à prendre cette décision : les remarques de son père (« Tous tes amis sont en Europe ! Toi, tu es planqué ici ! »), ou encore la rencontre avec un passeur, joué par Mamadou Baillo Bah. Son père décide alors de vendre une parcelle familiale pour payer le passeur, qui exige 20 millions de francs guinéens, soit près de 2 000 euros.

Des personnages tentent pourtant de décourager le héros principal et son père, avec différents arguments : mieux vaut avoir des papiers pour aller en Europe, mieux vaut investir en Guinée plutôt que de gaspiller de l’argent pour tenter de rejoindre le Vieux Continent, « tout n’est pas rose là-bas »…

« J’ai écrit les dialogues à partir de mon vécu »

Mamadou Baillo Bah a réalisé ce film à Dinguiraye, sa ville natale, située à 500 km au nord-est de la capitale Conakry, dans la région de Faranah. Il explique comment il a mûri ce projet.

« J’ai beaucoup souffert en dehors de la Guinée, donc j’ai voulu réaliser un film pour sensibiliser aux dangers de l’immigration clandestine.

J’ai commencé à travailler sur ce projet en août 2018 [soit environ huit mois après son retour en Guinée, NDLR]. J’ai d’abord écrit tous les dialogues, à partir de mon vécu. Par exemple, la scène du début du film, avec le pick-up, ressemble beaucoup à ce que j’ai vécu. Dans mon cas, personne n’avait été tué à ce moment-là, mais j’ai rajouté cet élément dans le film car il y a beaucoup de morts sur les routes migratoires. Certains de mes amis, qui n’ont jamais tenté de migrer, m’ont également aidé avec leurs idées. Par exemple, quand le père dit que tous les amis de son fils sont en Europe, c’est quelque chose que tout le monde peut entendre ici, potentiellement.

J’ai trouvé tous les acteurs à Dinguiraye : comme moi, ils n’avaient aucune expérience dans le théâtre ou le cinéma auparavant. Nous avons fait des répétitions et tenté de voir qui pouvait jouer quel rôle. C’est moi qui ai joué le rôle du passeur, car j’étais le seul à savoir comment fonctionnent vraiment ces gens-là. »

« J’ai également travaillé avec un cousin photographe [Tibou Ly, NDLR], qui est du même village que moi, mais qui vit à Conakry. Il a accepté de tout filmer gratuitement après avoir assisté à quelques répétitions, car nous faisons partie de la même famille et il trouvait le projet intéressant.

Nous avons tourné le film à Dinguiraye durant un mois, en décembre 2018. Nous avons reçu le soutien de la préfecture et d’une personne travaillant à l’Unicef qui nous ont donné une cinquantaine d’euros chacune. »

Pour l’instant, nous avons projeté le film seulement à Dinguiraye, en août, à deux reprises : à la Maison des jeunes, devant 500 personnes environ (habitants, autorités locales, etc.), et à la Croix-Rouge, devant une dizaine de personnes, dont quelques-unes de l’OIM [Organisation internationale pour les migrations, NDLR]. Les gens ont beaucoup applaudi : ça nous a encouragés. Certains nous ont suggéré de projeter le film dans d’autres sous-préfectures. Mais d’autres ont aussi un peu critiqué le casting.

« Je veux montrer que la route migratoire n’est pas la solution »
« Désormais, j’aimerais bien tourner d’autres épisodes, pour montrer ce qui se passe également dans le désert, en Méditerranée, avec les bateaux qui coulent, en Europe, pour ceux qui ont réussi la traversée, mais aussi en Afrique, pour ceux qui reviennent chez eux. Par exemple, je pourrais montrer le personnage principal de retour dans son village, où il constaterait que sa famille est dans une situation critique, depuis la vente de la parcelle pour financer son voyage. En abordant ces différents aspects, je veux montrer que la route migratoire n’est pas la solution : mieux vaut rester chez soi pour travailler et développer son projet personnel.
Mais nous manquons de moyens financiers. Nous avons demandé de l’aide à l’OIM, qui nous a demandé de faire un budget, donc nous verrons… »
Mamadou Baillo Bah avait quitté son pays en mai 2017. Il était d’abord allé au Mali, puis en Algérie, où il était resté environ trois mois dans la capitale, pour travailler dans le secteur du bâtiment. Il avait ensuite rejoint la Libye. Là-bas, il avait été retenu dans différents camps tenus par des passeurs ou par l’État, où il avait enduré de mauvais traitements (torture, manque de nourriture, hygiène déplorable, travail forcé, etc.). Il avait finalement été transféré au camp de Tariq Al-Matar, où il avait appris qu’il allait être rapatrié en Guinée par l’OIM. Il est finalement rentré dans son pays le 25 janvier 2018.

Migrations : de plus en plus d’Ivoiriennes victimes de traite d’êtres humains

REUTERS/Antonio Parrinello | Alors que les femmes ne représentaient que 8% des Ivoiriens ayant débarqué en 2015, elles représentent 46% du total en 2019.

REUTERS/Antonio Parrinello | Alors que les femmes ne représentaient que 8% des Ivoiriens ayant débarqué en 2015, elles représentent 46% du total en 2019.

Le nombre d’Ivoiriennes réduites en esclavage dans des pays d’Afrique du Nord et d’Europe est en hausse, alerte l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Joséphine pensait devenir serveuse en Tunisie. Mais à l’arrivée, c’est l’enfer qui attend cette Ivoirienne de 28 ans : surexploitée dans une maison de 4h du matin à 11h du soir, mal nourrie, privée de liberté et de son passeport, victime également de violences sexuelles.

Comme Joséphine, combien sont-elles à subir ces sévices en Tunisie, en Libye mais aussi en Europe ? Au moins plusieurs centaines d’après le communiqué publié vendredi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui s’inquiète de l’explosion du nombre de ces Ivoiriennes. Cette année, et malgré une diminution du nombres de migrants originaires de Côte d’Ivoire arrivés par la mer, elles sont plus nombreuses que les hommes à débarquer sur les côtes italiennes. En 2015, elles n’étaient que 8 %, contre 46 % en 2019.

Piégées

Une proportion d’autant plus préoccupante que l’immense majorité d’entre elles tombe dans des réseaux mafieux, notamment en Tunisie. Au départ, des recruteurs leur promettent du travail avec un faux contrat. Comme Joséphine, elles quittent facilement la Côte d’Ivoire. Mais au bout de trois mois, elles se retrouvent sans papiers et doivent s’acquitter de fortes amendes pour rentrer chez elles.

C’est là que le piège se referme : de nouveaux intermédiaires ou des passeurs leur proposent soi-disant de sortir de cet enfer. Deux options : la Libye ou la mer. Très souvent au péril de leur vie. En juillet, une embarcation a fait naufrage. Parmi les victimes, il y avait des Ivoiriennes enceintes ou avec elles des bébés.

Naufrage de migrants camerounais au Mexique

Des membres de la Garde nationale mexicaines protègent le corps d'un migrant sur la plage de Tonala, au Mexique.Au moins deux personnes, originaires du Cameroun, ont trouvé la mort lors du naufrage sur une côte du sud du Mexique d’une petite embarcation transportant une douzaine de migrants. Selon une ONG locale de défense des droits de l’homme, si les naufrages d’embarcations de migrants sont assez fréquents dans le sud du Mexique, c’est la première fois que cela concerne un groupe d’Africains.

C’est un nouveau drame de l’immigration. Au Mexique cette fois. Les cadavres de deux migrants, d’origine camerounaise, ont été découverts, vendredi, sur une plage de la commune de Tonala, dans la province du Chiapas.

La petite embarcation transportait une douzaine de personnes de ce pays d’Afrique centrale avant de faire naufrage.  Huit autres migrants – sept hommes et une femme, tous majeurs – ont pu être secourus, dont deux ont reçu des soins pour des symptômes de déshydratation, selon les services de secours qui ont fait état d’au moins un disparu.

Si les naufrages d’embarcations de migrants sont assez fréquents dans le sud du Mexique, c’est la première fois que cela concerne un groupe d’Africains.

La grande majorité des migrants tentant de passer au Mexique sont, en effet, originaires d’Amérique centrale, mais les autorités ont récemment constaté un afflux d’Africains en provenance du Cameroun, de République démocratique du Congo ou d’Érythrée. Les candidats à l’émigration prennent un avion pour l’Amérique du Sud avant de tenter de remonter, par mer ou par terre, vers les États-Unis.

Naufrage de migrants camerounais au Mexique