http://www.jeuneafrique.com/546679/societe/maroc-assouplissement-des-criteres-de-regularisation-des-sans-papiers/

Les autorités marocaines ont annoncé mercredi des mesures d’assouplissement pour la régularisation des sans-papiers, pour la plupart d’origine subsaharienne.

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme étatique qui chapeaute la régularisation des sans-papiers, a indiqué mercredi 28 mars que l’assouplissement des critères d’éligibilité visaient à « élargir le contingent des étrangers bénéficiaires de la régularisation ».

Les « mineurs non accompagnés » pourront ainsi pour la première fois être régularisés dans le royaume, au même titre que « les étrangers pouvant justifier d’une activité professionnelle mais démunis de contrat de travail », a précisé le CNDH sur son site.

Les étrangers n’ayant pas pu prouver cinq ans de résidence au Maroc mais qui « disposent d’un niveau d’instruction équivalent au collège » pourront également être régularisés, a ajouté le CNDH, se félicitant de la « philosophie pleinement humaniste de cette opération de régularisation ».

28 400 dossiers de régularisation

Le Conseil a par ailleurs affirmé que 28 400 dossiers de régularisation représentant 113 nationalités avaient été déposés dans le cadre de la deuxième opération de régularisation lancée l’an dernier.

Le Maroc, qui a réintégré début 2017 l’Union africaine, se pose en exemple dans la gestion des migrants, depuis qu’il a adopté en 2013 une nouvelle politique migratoire et mené deux campagnes de régularisation de clandestins, pour la plupart subsahariens.

Une première campagne avait conduit à quelque 23 000 régularisations en 2014, mais des associations avaient critiqué des refus injustifiés, la lourdeur des procédures ou encore le manque de formation chez les responsables en charge de traiter les dossiers.

Autrefois pays de transit, le royaume est progressivement devenu pays d’accueil, même si de nombreux migrants gardent l’espoir de rejoindre l’Europe, en traversant le détroit de Gibraltar ou en pénétrant dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

Descente de sensibilisation SMIC-OIM à Bafoussam

Le vendredi 20 et samedi 21 avril 2018 de la semaine dernière, SMIC a débuté la Campagne Nationale de sensibilisation contre les dangers de la migration irrégulière, initiative  UE/OIM 2018 avec deux activités qui ont eu lieu à Bafoussam.
Nous avons mené les causeries éducatives dans deux établissements de la place : Lycée Classique de Bafoussam en matinée et Collège de la Citée de Bafoussam dans l’après midi où nous avons été rejoins par la représente du chef de mission de l’OIM Cameroun Mme Seréna PESCATORE.
Les deux séances de causeries éducatives ont été interactives et très riches en échanges où nous avons enregistré plus de 289 élèves de terminale .
La séance d’échanges avec 47 leaders associatifs a eu lieu samedi 21 à la maison du parti de Bafoussam dès 10h 30 et s’est achevée à 13h.
La prochaine activité est prévue pour le mercredi 25 avril 2018 à 13h au centre multifonctionnel de  Promotion de la Jeunesse Mimboman Yaoundé.

Migration irrégulière: Du rêve de l’Eldorado Européen à l’esclavage en Libye

La chute du guide libyen Mouammar Kadhafi en octobre 2011 a précipité le pays dans un chaos généralisé à l’origine de l’effondrement de l’Etat. L’affrontement entre les différentes factions de l’armée, les oppositions récurrentes entre des gouvernements autoproclamés, la guerre des parlements et la prolifération des mouvements islamistes ont plongé le pays dans une impasse politique et juridique laissant cours à des déviances multiples et à des exactions et abus de toutes sortes, aussi bien à l’encontre des nationaux que des étrangers.

Traditionnellement considéré comme un pays de transit pour de nombreux africains subsahariens en quête d’un Eldorado européen, la Libye va connaitre au cours des dernières années un afflux de plus en plus croissant de migrants désireux de profiter de la situation pour traverser le pays, autrefois accusé d’intercepter les migrants désireux de se rendre en Europe. Cependant les conditions de mauvaise mer et l’épuisement des ressources financières entre autres font que la plupart des migrants sont contraints de passer plusieurs semaines, plusieurs mois, voire des années dans le pays. C’est dans ce contexte que s’est développé au cours des derniers mois une espèce de « marchés aux esclaves » dans lesquels les migrants sont regroupés et vendus, rappelant ainsi le commerce honteux des esclaves noirs vendus et acheminés dans les plantations d’Amérique latine et centrale.

Selon les déclarations du Directeur de la mission OIM en Libye, de nombreux africains subsahariens principalement des Gambiens, des Sénégalais et des Nigérians ont été achetés et revendus dans des garages et des stationnements de la ville de Sabha, localité du sud de la Libye par laquelle passent de nombreux candidats à l’exil. Ils sont vendus entre 200 $ et 300 $ et utilisés comme travailleurs journaliers dans les secteurs de la construction et de l’agriculture. Les femmes quant à elles sont exposées au viol et à la prostitution forcée, indique la même source.

Ce phénomène remet au gout du jour l’incapacité des instances régionales africaines et des Etats à apporter une réponse efficace au problème des migrations irrégulières des Africains en direction de l’Europe et des phénomènes de traite et de trafic des êtres humains qui y sont associés. Si l’ampleur a changé, il reste que le problème de maltraitance des migrants irréguliers en transit dans de nombreux pays d’Afrique du nord n’est pas nouveau. De nombreux témoignages des migrants de retour font état des mauvais traitements dont ils sont victimes dans ces pays du fait de la couleur de leur peau et de leur vulnérabilité ; vulnérabilité due au fait qu’ils sont à l’étranger et sans papiers. Ils sont régulièrement victimes de tracasseries policières, de rackets, de kidnapping et de toutes sortes d’abus et pratiques contraires aux droits de l’homme.

Si la fin du « marché aux esclaves » passe inéluctablement par le rétablissement d’un Etat de droit en Libye avec une police et une armée qui assurent la sécurité des hommes et des biens sans discrimination sur l’ensemble du territoire national, il convient de signaler qu’il ne s’agit que d’une solution partielle et parcellaire. Le « marché aux esclaves » est la résultante d’une défaillance des politiques aux niveaux national et sous régional. La solution passe par des politiques publiques nationales favorisant l’insertion socio professionnelle des jeunes dans leurs pays d’origine, une coopération sous régionale permettant l’échange des compétences entre les pays voisins et également l’assouplissement des conditions d’obtention des visas pour permettre à ceux qui ont le potentiel de pouvoir se réaliser ailleurs si les conditions ne leur permettent pas de le faire chez eux. Ne dit-on pas que la migration est un droit fondamental inaliénable?

Henri MBOHA NYAMSI

Signature d`un accord sur les Migrations entre le Cameroun et la Belgique

Source – Cameroun tribune du 02 Fevrier 2017

Interview de Theo Francken ,Secrétaire d’Etat Belge à l’asile et aux Migrations

Théo Francken: «Il est important de collaborer »

[une importante collaboration ]

Quel est l’objet de votre visite au Cameroun ?

La communauté camerounaise est très importante pour la Belgique. C’est la deuxième communauté subsaharienne en Belgique avec 11000 habitants. Cela veut dire qu’il y a beaucoup de Camerounais en Belgique et c’est très important d’avoir de bonnes relations entre nos deux gouvernements et nos deux pays. Les Camerounais sont des hommes et des femmes qui travaillent dur. Ils contribuent à la croissance de notre économie, et c’est très important. Mais il y a des soucis en matière d’immigration dans toute l’Europe. L’Europe n’est pas stable pour l’instant. Vous savez, ce n’est pas évident avec la crise d’asile, les attaques terroristes, l’instabilité politique… De ce fait, c’est très important de collaborer en matière de migrations avec les pays africains. C’est la raison pour laquelle je suis ici. Premièrement, pour m’entretenir avec le ministre de l’Enseignement supérieur et les autres ministres sur l’augmentation des demandes de visas d’étudiants camerounais pour la Belgique. Et deuxièmement, pour signer un accord sur les migrations.
Nous allons d’abord axer notre action sur la campagne de prévention contre la fraude des documents en matière d’obtention de visas d’étudiants et de demande d’asile. Voyez-vous, 70% des documents présentés dans les services consulaires sont falsifiés. Y compris des références bancaires. C’est une forte préoccupation. Les Camerounais peuvent venir étudier en Belgique. Mais cela doit se faire dans un cadre légal. Ensuite, nous allons signer un accord avec le gouvernement camerounais pour améliorer la coopération entre nos deux pays notamment sur le retour volontaire ou obligatoire des migrants, si c’est nécessaire.

Combien y a-t-il de demandes de visas d’étudiants camerounais enregistrées dans les services consulaires belges ?

Ce nombre varie entre 250 et 300 par an. Ma visite s’inscrit aussi dans le cadre d’une campagne de prévention pour limiter les demandes d’asile. Le Cameroun est un pays stable, un pays sûr. Si d’aventure, des demandes d’asile sont fondées, ceux qui les ont présentées accèdent en Belgique aux avantages prévus par les statuts de protection internationale.

Qu’attendez-vous des Camerounais ?

Nous attendons que les demandes de visas des Camerounais soient correctes et légales. C’est aussi cela la richesse de nos relations bilatérales. Nous avons des Camerounais qui font de brillantes études en Belgique et qui reviennent ici et contribuent au développement du pays et donc à la richesse de relation bilatérale.

Quelle est l’orientation de la politique d’immigration belge ?

La politique belge d’immigration est très claire. Nous sommes très stricts vis-à-vis de ceux qui abusent de notre hospitalité. C’est la ligne rouge du gouvernement belge en matière d’immigration à ne pas franchir.

La ligne rouge est-elle constante quelle que soit l’origine des candidats d’immigration ?

Absolument ! Qu’on soit Européen ou Africain…. La fraude c’est la fraude.

Etes-vous souvent tenté par des mesures anti-migratoires comme cela se fait dans certains pays ?

Les Etats-Unis, par exemple, constituent un pays de migrations. Ils sont très stricts sur la lutte contre le terrorisme. Nous également, nous sommes très stricts pour éviter le terrorisme. Les migrations doivent être légales. En Belgique, on n’aime pas les migrations illégales. Car l’illégalité n’est pas correcte, ce n’est pas juste. Alors comme secrétaire d’Etat, je dois être correct, je dois respecter la loi et l’appliquer, c’est mon devoir quotidien. J’étais en Algérie il y a quelques jours, et c’était la même chose.

Bien qu’étant membre de l’Union européenne, estimez-vous que chaque pays a la latitude de définir sa politique d’immigration sans gêner les autres?

Sur les migrations, il y a déjà beaucoup de contenus qui sont décidés au niveau européen. Par exemple, le regroupement familial. Ce sont des directives européennes. Quand on parle de migrations étudiantes, tous les visas étudiants se règlent par une directive de l’Union européenne. Les directives sur le marché du travail sont aussi réglées par l’Union européenne. Il y a déjà un cadre, une norme, qu’est-ce qu’on peut faire ? Qu’est-ce qu’on ne peut pas faire ? Mais dans ces directives, il y a la possibilité de maximaliser les options et les conditions, ou de minimaliser les conditions. Mais le cadre, c’est un cadre européen. Tous les pays membres de l’Union européenne n’ont pas la marge de faire ce qu’ils veulent, c’est impossible parce que ce sont les directives européennes qu’on doit appliquer. Je pense que c’est mieux comme ça qu’il y ait un cadre. Mais je pense aussi que c’est nécessaire que la souveraineté des Etats-membres puisse prévaloir pour décider dans le cadre européen ce qu’on veut ou ce qu’on peut maximaliser.